Edito Unité 35 - 04/2005

Publié le par FB

OUI : la continuité de notre histoire. Nous fêtons dans ce numéro de l’Unité 35 le centenaire de la SFIO. Edmond Hervé reviendra sur l’héritage de Jaurès le 10 mai prochain dans une conférence. Chacun sait l’indissociabilité entre socialisme et internationalisme. Comme François Mitterrand qui nous indiquait que « l’Europe est notre avenir », les grands leaders socialistes de ce siècle ont tous eu une vision du cadre européen. C’est le cas de Léon Blum dans un discours de 1948 à l’occasion d’une conférence de l’Internationale Socialiste.* « Nous resterons fidèles à nous-mêmes, fidèles à notre pensée, fidèles à notre avenir en travaillant de notre mieux à l’organisation de l’Europe. … Nous travaillons donc pour le socialisme, et, en tout cas, nous travaillons pour la paix, ce qui est presque la même chose, car la paix est nécessaire au socialisme comme le socialisme est nécessaire à la paix. C’est en ce sens que le socialisme est résolu à tirer du groupement européen ce qu’on a appelé la Troisième Force internationale. Songez-y bien. La démocratie internationale, lorsque l’effort des peuples et des hommes l’aura réalisée, ne sera pas une démocratie totalitaire. … De même qu’à l’intérieur de chaque démocratie nationale, on y verra coexister paisiblement et s’opposer librement des conceptions, des tendances, des forces différentes. Le socialisme international ne se substitue à aucune de ces conceptions, de ces tendances, de ces forces, puisqu’il entend demeurer lui-même. Il peut être amené à prendre parti contre l’une ou l’autre d’entre elles. Mais il entend les faire rentrer et les maintenir toutes dans le cadre, dans le jeu libre et loyal de la démocratie à qui il appartiendra de les concilier ou de décider entre elles. » C’est l’occasion de rappeler que les socialistes français et européens sont dans la continuité de leur histoire en appelant à l’adoption du traité constitutionnel. L’écrasante majorité de la gauche politique et syndicale européenne le fait avec elle. En effet, c’est le choix des 25 partis socialistes d’Europe, de tous les partis écologistes et de la majorité des autres partis de gauche, de 83 syndicats sur 86, commissions ouvrières espagnoles comprises. Comment ne pas voir dans le message de Blum que nous n’avons pas à confondre cadre institutionnel et politiques menées ? C’est une des clefs du débat d’ici le 29 mai 2005. Ce traité marque une rupture et crée des potentialités démocratiques et sociales : une dynamique nouvelle serait possible dans la construction européenne car ce sont précisément l’intégration politique, l’approfondissement démocratique et les droits sociaux qui progressent pour la première fois depuis très longtemps. Comme tous les socialistes en Europe, nous avons fait le choix d’engranger ces avancées et ainsi de marcher dans les pas de Jaurès, Blum et Mitterrand. * Ce texte peu connu est publié dans son intégralité dans L’oeuvre complète de Léon Blum, vol. 1944-1950 (Albin Michel
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