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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /Nov /2006 17:02
Déclaration de Ségolène Royal :  « J’ai, en effet, une vision plus prudente que mes deux collègues à propos de l’accès de l’Iran au nucléaire civil. Bien sûr que l’enrichissement de l’uranium n’est pas le même, mais quand on contrôle le nucléaire civil, on contrôle en effet une partie de l’enrichissement de l’uranium. On sait, on le voit bien en France, les conditions de sécurité qui entourent les centrales nucléaires civiles. Je considère que c’est une première étape. Dans la mesure où les Russes ont proposé des coopérations dans le cadre de nucléaire civil à l’Iran, je pense que cette solution est beaucoup plus prudente tant que le régime iranien n’aura pas évolué. Donc, je maintiens ma position qui consiste à dire qu’il vaut mieux trouver des coopérations pour produire de l’électricité, mais en ne permettant pas aux Iraniens de contrôler tout le processus du nucléaire civil. »


1 - Le Traité de non prolifération nucléaire reconnaît le droit des pays signataires d’avoir recours au nucléaire civil. Mais ils doivent se soumettre au contrôle de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). Or c’est bien le problème avec l’Iran : l’Agence a découvert des activités nucléaires civiles non déclarées. Il y a donc risque de prolifération.

2 - L’Union européenne considère que le droit de l’Iran à accéder au nucléaire civil ne peut être admis qu’à la condition que toutes ses activités nucléaires ainsi découvertes soient mises à plat et contrôlées. Elle a proposé, dès lors que l’Iran se soumettrait au contrôle de l’AIEA et renoncerait à ses activités proliférantes, de lui construire des centrales nucléaires. L’Iran a refusé. Par ailleurs, l’Union européenne soutient la proposition russe d’enrichissement de l’uranium en Russie pour l’Iran, à des fins pacifiques. A ce jour, l’Iran n’a pas donné suite à cette proposition.

3 - A ce jour, le Conseil des Gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et le Conseil de Sécurité de l’ONU ont décidé de refuser à l’Iran la maîtrise du cycle complet de production, y compris à des fins civiles, tant que la position de l’Iran n’évoluerait  pas.


                        ***

Aujourd’hui, la question qui est posée à la communauté internationale est donc bien celle de l’accès de l’Iran au nucléaire civil. La position de Ségolène Royal de refuser que l’Iran puisse contrôler la totalité de la filière, même civile, tant que l’Iran n’aura pas évolué, est donc la seule qui soit cohérente avec le droit international et avec les enjeux de la non-prolifération.
Par FB - Publié dans : Argumentaires
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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /Nov /2006 16:51
Les 10 raisons de voter pour elle.

1- Tout simplement parce que c’est elle qui peut faire gagner la gauche en 2007.

2- Elle a su rassembler les générations, les catégories sociales et les sensibilités. Elle suscite un grand mouvement d’espoir dans le pays, bien au-delà de notre parti.

3- Elle se situe au cœur du PS, en position centrale, à la synthèse du « oui » et du « non », tout en apportant des solutions nouvelles. Ségolène est fidèle aux valeurs socialistes, tout en les confrontant aux problèmes de notre temps, sans la crainte d’affronter la réalité telle qu’elle est. Elle saura nous faire franchir une nouvelle étape de réformes pour faire avancer la France.

4- Elle porte des projets mobilisateurs autour de la priorité accordée à la jeunesse, de la nécessaire valorisation du travail et de l’indispensable révolution démocratique. Elle est la seule à être ferme sur les sujets essentiels que sont l’éducation, la famille et le développement durable.

5- Ségolène a su toucher les Français qui ne s’intéressaient plus à la politique. Elle a rencontré l’écoute des catégories populaires qui nous avaient délaissés. Elle tire sa crédibilité de l’affirmation d’un progrès durable autour d’un ordre juste. Elle est perçue comme la garante de l’exercice de libertés nouvelles.

6- Ségolène s’appuie sur une méthode : la démocratie participative adossée à une démocratie représentative renforcée. Elle tient le dialogue social pour essentiel dans une démarche politique qui tient compte des réussites et des échecs de la gauche, sans reproduire ni s’enfermer dans les réponses du passé.

7- Elle porte une ambition collective. Elle incarne le changement.

8- Elle porte un socialisme de la volonté dans l’action et un socialisme de la réussite dans la durée, qui associera élus et citoyens.

9- Aujourd’hui, elle œuvre pour le rassemblement de tous les socialistes, sans jamais mettre en cause les personnes ou dénigrer les idées. Elle réunira, demain, toutes les forces de la gauche pour vaincre la droite.

10- Le sens du devoir de victoire qu’elle impose et auquel elle convie l’ensemble des militants du Parti socialiste.

François Rebsamen
Par François Rebsamen - Publié dans : Argumentaires
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Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /Nov /2006 21:50
LA PROFESSION DE FOI DE SEGOLENE ROYAL : LES GRANDES LIGNES
Profession de foi parue dans l’hebdo des Socialistes du 14 octobre 2006


1 Ma vision du socialisme…

• Incarner le changement : nous avons un ardent devoir de victoire : le changement, la modernité, exige de commencer par porter une femme à la tête de l’Etat.
• Rénover les méthodes : mieux écouter ce que les Français ont à dire pour leur proposer les bonnes réformes, celles qui sont justes, efficaces et crédibles.
• Réaffirmer le primat du politique : l’angoisse du lendemain et la précarité, la société de la méfiance, des ghettos et des communautés rivales ne sont pas une fatalité. Il faut, comme le disait Jaurès : « Refuser le cercle de fatalité, le cercle de fer ».
• Refuser l’injustice et l’inégalité : porter une exigence de justice et de transformation sociale, garder au cœur une révolte vive, refuser l’injustice et l’inégalité. Mon adhésion au socialisme s’est aussi nourrie du spectacle révoltant d’une hiérarchie sociale où le privilège de quelques-uns l’emportait sur le droit de tous.

2 Ce que je veux pour la France…

1. Le projet : le projet socialiste fixe les axes de notre politique pour la France et précise les engagements du prochain quinquennat. C’est notre projet, c’est notre bien commun.
2. L’emploi : seule la gauche est capable de relancer la croissance et la confiance en augmentant le pouvoir d’achat car la justice sociale n’est pas un handicap mais un facteur de compétitivité, en investissant dans la recherche et l’innovation, en choisissant résolument l’excellence environnementale, riche d’activités et de métiers nouveaux.
3. Le Pouvoir d’achat : les socialistes doivent moins taxer le travail que le capital. La gauche ouvrira donc une conférence salariale qui, au-delà de la nécessaire et évidente augmentation du SMIC, confortera tous les salariés, et notamment les plus modestes, dans leur travail et renforcera aussi notre économie. Le succès de cette conférence les incitera puissamment à adhérer au syndicat de leur choix. Mon objectif, c’est qu’avec un syndicalisme de masse, une démocratie sociale fondée sur des règles se mettra en place.
4. L’Ecole : l’égalité réelle, c’est de tenir pour tous les élèves la promesse républicaine de réussite. C’est une offre scolaire de qualité sur tout le territoire, c’est le refus que la ségrégation scolaire redouble la ségrégation spatiale et urbaine. C’est le service public de la petite enfance, la lutte contre le décrochage scolaire, des moyens renforcés pour ceux qui en ont le plus besoin, un soutien scolaire individuel et gratuit, l’augmentation de la présence adulte dans les établissements. La France doit aimer tous ses enfants, d’où qu’ils viennent, où qu’ils aient grandi, dans la diversité de leurs talents. Les jeunes sont notre avenir, et je ne me résignerai jamais à regarder un enfant ou un adolescent, quoi qu’il ait fait, comme perdu à jamais. Il nous revient, à nous adultes, de leur rendre la confiance lorsqu’ils la perdent, de les remettre sur le chemin lorsqu’ils dévissent. Fermement et affectueusement.
5. Sécurité : être lucides et implacables contre toutes les délinquances et contre toutes les causes qui conduisent aux comportements délinquants. Ce sont nos concitoyens les plus démunis qui en sont les principales victimes ; ceux qui souffrent ne doivent plus être abandonnés à leur sort.
6. L’excellence environnementale : faire de la France un pays exemplaire en Europe et dans le monde dans la lutte contre le réchauffement de la planète, la gestion de l’eau, la priorité aux énergies renouvelables, le développement des transports propres, le traitement des déchets et la mise en place d’une véritable fiscalité écologique.
7. Les femmes : de la maîtrise par la femme de son corps jusqu’au combat encore inachevé pour l’égalité professionnelle et politique, sans oublier le sort fait aux femmes asservies dans trop de pays du monde, ce combat illustre tous les autres.
8. La France en Europe : La France doit retrouver sa place en Europe. Quels qu’aient été nos votes lors du referendum de l’an dernier, nous voulons une Europe plus concrète, plus protectrice, et donc moins libérale : une fiscalité écologique, un vrai gouvernement économique qui ne soit plus soumis à la Banque centrale européenne, une réforme de la PAC, une réforme du Pacte de stabilité.
9. Relations internationales : Dans un monde instable où le terrorisme et le risque de dissémination nucléaire menacent la paix alors que les peuples aspirent à la justice et à la dignité, la France doit renforcer son rôle. Aider les pays pauvres à vaincre la misère en les traitant comme des partenaires égaux et en conduisant avec eux un co-développement efficace : cette utopie concrète est à notre portée et la France doit en donner l’exemple, pour construire ainsi, également, une politique d’immigration partagée.
10. Institutions : Pour assurer le succès de notre projet, nous avons besoin d’une nouvelle République qui s’appuie sur une démocratie représentative rénovée, sur la fin du cumul des mandats, sur une démocratie plus participative, et sur une décentralisation aboutie. Décider aujourd’hui, et notamment au plus haut niveau de la République, c’est assumer pleinement sa responsabilité. Il faut partager le pouvoir, l’organiser démocratiquement et reconnaître à chacun un droit égal à s’occuper des affaires communes.
Par SR - Publié dans : Argumentaires
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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 15:44
Le message de Ségolène Royal

6000 militants ont participé hier au meeting de Paris. J'y ai rappelé que nous avions un devoir de victoire. Cette victoire n'est pas acquise. A nous de la mériter et de la construire, par une mobilisation sans faille et un rassemblement exemplaire.
Comme vous le savez, depuis le début de cette campagne interne, je n'ai ni critiqué les autres, ni déformé leurs propos, ni répondu aux attaques qui ont pourtant été nombreuses. Je vous demande de faire de même. En effet, l'exemplarité de notre comportement doit faire comprendre aux Français que s'ils nous font confiance en 2007, nous serons tout aussi exemplaires.
La meilleure réponse à ces dérapages, c'est la mobilisation de tous les militants pour voter le 16 novembre.
Nous avons une responsabilité historique : empêcher la droite de continuer à tirer le pays vers le bas, et réussir ensemble le changement à gauche à partir du projet des socialistes.

Amicalement
Ségolène

 Attention :
RTL ce soir, au journal de 20 heures
 (passage antenne 18h05, jusqu'à 18h15).

Et Europe 1 Dimanche 2 9 octobre 18h07
"La Grand Rendez-Vous Europe 1-TV5Monde-Le Parisien" , animé par Jean- Pierre Elkabbach
Retransmis simultanément sur Europe 1 et TV5Monde

Pierre Mauroy : C'est l'heure d'un leader audacieux
 
« En tant que socialiste, il faut s'ouvrir aux idées nouvelles. C'est ce que fait Ségolène Royal et c'est son avantage sur les deux autres candidats".

"J'ai fait alliance avec  François Mitterrand  parce que c'était le symbole de notre rénovation. Il n'était pas tout à fait socialiste au sens des canons du socialisme,  mais il était l'homme de la situation, il était à l'avant-garde de la République, il  était progressiste; ça a été la grande chance du PS et la grande chance de la gauche. Vingt-cinq ans sont passés, c'est l'heure d'une nouvelle rencontre, c'est l'heure -et c'est une femme-, d'un leader audacieux -audacieuse- qui va ouvrir la France, ouvrir les politiques à une ère nouvelle". 
(Questions d'info-Le Monde/LCP-Assemblée nationale/France Info)

 
Dans les médias 
Ségolène Royal souhaite un vote massif des militants socialistes
(déclarations à France Info, vendredi 27 octobre)

PARIS, 27 oct 2006 (AFP) - Ségolène Royal considère que "la meilleure façon de recoller les morceaux" après la séance houleuse du Zénith, est "que les militants viennent massivement voter" le 16 novembre, parce que "c'est par cette réponse militante forte que nous pourrons oublier cet incident".
Interrogée vendredi sur France Info, elle a estimé que "c'est mieux d'être élu au premier tour, quelles que soient les élections".
"Rien ne doit être fait qui affaiblisse notre candidat ou notre candidate pour le combat principal qui est celui contre la droite, projet contre projet", a-t-elle dit.

Mme Royal considère qu'il faut "renouer avec le pays profond" et qu'il "va falloir remettre le peuple français au coeur du projet des socialistes".
"Je veux que cette campagne soit participative au sens où le projet des socialistes sera mis en débat parmi les citoyens qui vont venir voter. Il n'y a pas que les socialistes qui viennent voter à une élection présidentielle, et en même temps les militants socialistes doivent être des phares", a-t-elle ajouté.
Selon elle, il faut qu'"au premier tour" de l'élection présidentielle, "il y ait beaucoup moins de candidats que ce ne fut le cas en 2002". "Donc il va falloir ouvrir le projet des socialistes vers les autres forces de gauche pour les rassembler le plus possible dès le premier tour, et ensuite au second tour", a déclaré Mme Royal.

Ségolène Royal: "je suis la seule qui ne critique jamais les autres"

PARIS, 27 oct 2006 (AFP) - Ségolène Royal a estimé vendredi, après les huées qu'elle a essuyées jeudi soir lors du meeting socialiste au Zénith à Paris, que "les militants désapprouvent ce type de comportement", ajoutant être "la seule qui ne critique jamais les autres".
Interrogée sur France Info, la présidentiable socialiste a affirmé: "ce qui est important, c'est que demain, je puisse rassembler tous les socialistes".
"Je suis la seule qui ne critique jamais les autres, ne déforme jamais leurs propos", a dit Mme Royal.
"Je pense qu'il faut rapidement tourner la page", a-t-elle encore déclaré, ajoutant que lors du débat socialiste de jeudi soir à Paris, "les choses ont été un peu désagréables".

Ségolène Royal: "un autre regard doit être porté sur les banlieues"

PARIS, 27 oct 2006 (AFP) - Ségolène Royal a estimé vendredi qu'"un autre regard (devait) être porté sur les banlieues" et "qu'il était "temps que la France reconnaisse comme légitimes tous ses enfants".
Interrogée sur France Info, la candidate à l'investiture socialiste a ajouté que "le consensus est de reconstruire la République dans les banlieues. Il faut un Etat qui prenne ses responsabilités".
Selon la présidente de Poitou-Charentes, "il s'agit de renouer avec le pays profond et en particulier ceux qui doutent le plus de l'efficacité de la politique, ceux qui se sentent irrémédiablement tirés vers le bas et subissent toutes les formes de précarité, y compris dans les catégories moyennes".

20 minutes, 26 octobre  : «On n'est jamais déçu avec la démocratie participative"
http://www.20minutes.fr/articles/2006/10/26/20061026-actualite-france-Segolene-Royal-On-n-est-jamais-decu-avec-la-democratie-participative.php  <http://www.20minutes.fr/articles/2006/10/26/20061026-actualite-france-Segolene-Royal-On-n-est-jamais-decu-avec-la-democratie-participative.php>


"Jurys citoyens": une expérimentation a déjà eu lieu en Rhône-Alpes et en Ile de France

La région Rhône-Alpes a déjà expérimenté un système de panels de citoyens tirés au sort et consultés sur des problématiques politiques.

" Les jurys citoyens, ça existe déja. Cela fonctionne. Nous avons entrepris l'organisation d'ateliers citoyens en sollicitant un groupe de trente Rhônalpins sur  la place des citoyens dans l'évaluation des politiques publiques" expliqueJean-Jack Queyranne, président  du Conseil Régional de Rhône-Alpes.

Réunis en juin pendant deux jours, ces 30 citoyens tirés au sort avaient remis un avis au terme de leur réflexion. Dans cet avis, ils estimaient " que le rôle des citoyens dans l'évaluation n'est pas d'exercer un contre-pouvoir par rapport à ceux qui exercent le pouvoir; il est d'apporter un point de vue supplémentaire dans l'évaluation, au même plan que celui des élus, des gestionnaires, des experts et des autres acteurs pour enrichir le processus de décision ultérieur".

"On constate un désenchantement démocratique, analysé par de nombreux auteurs, avec de l'abstention, une suspicion envers les élus, alors que les citoyens manifestent aussi une très forte envie de s'impliquer. Il faut réfléchir à comment on peut éviter cette coupure, ce repli, et cela ne remet pas du tout en cause le fait que les élus rendent des comptes lors des élections (...) Après ces consultations, le politique reprend tout son pouvoi r", ajoute  Jean-Jack Queyranne.

La région Ile-de-France, présidée par Jean-Paul Huchon, a décidé de mettre en place un Observatoire des Engagements composé de 110 citoyens tirés au sort parmi des volontaires, pour suivre l'application des engagements souscrits par l'exécutif régional.
 
Outils : une nouvelle livraison de "ce que j'ai dit sur"

La culture à l'école
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&id=267  <http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&amp;id=267>

Le projet
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&id=266  <http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&amp;id=266>

La décentralisation
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&id=265  <http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&amp;id=265>

Le chômage
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&id=264  <http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&amp;id=264>

L'emploi
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&id=263  <http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&amp;id=263>

La culture à l'ére numérique
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&id=248  <http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&amp;id=248>

Dans les médias
Ségolène Royal : «On n'est jamais déçu avec la démocratie participative»
20 minutes, 26 octobre 2006
http://www.20minutes.fr/articles/2006/10/26/20061026-actualite-france-Segolene-Royal-On-n-est-jamais-decu-avec-la-democratie-participative.php
Par SR - Publié dans : Argumentaires
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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 23:00
1°) Ce que Ségolène Royal a dit :

« J’ai proposé de créer des jurys de citoyens qui évalueraient les politiques publiques, par rapport à la satisfaction des besoins ou par rapport au juste diagnostic des difficultés qui se posent, non pas dans un sens de sanction mais pour améliorer les choses. Ces jurys de citoyens pourraient être constitués par tirage au sort »

Ses raisons = ses fondamentaux :
- constat du désordre démocratique et de la double crise de l’action publique : crise des résultats et crise des manières de décider ;
- la temporalité d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et le pilotage des sociétés complexes suppose de  pouvoir corriger davantage le tir chemin faisant. Les rendez-vous quinquennaux ne suffisent plus. L’efficacité de l’action publique suppose d’en évaluer les effets en temps réel et d’associer les citoyens en amont (décision) et en aval (suivi, évaluation) ;
- la crédibilité de l’action politique exige de tirer les conséquences de ce qui a changé : des citoyens plus informés, plus autonomes, à la fois plus méfiants et plus exigeants, qui s’intéressent d’autant plus aux affaires communes qu’ils savent pouvoir peser et s’en détournent s’ils éprouvent un sentiment d’impuissance, cet ennemi principal de la démocratie qui fait le lit de toutes les tentations et instrumentations populistes.

- Les jurys de citoyens qu’elle propose sont un outil d’évaluation, une aide au pilotage, à l’enrichissement de l’action publique et  au travail des élus, pas un instrument punitif ou de coercition ! Pas un affront à la démocratie représentative : un complément et un appui.

- La démocratie parlementaire doit être rénovée : c’est le sens des propositions du projet socialiste (mandat unique, suppression du 49-3, etc..). La démocratie sociale doit également être revitalisée, et c’est pourquoi il est essentiel que les syndicats soient renforcés. La démocratie participative est un moyen supplémentaire d’associer pleinement les citoyens à l’action publique.

- Les jurys de citoyens s’inscrivent dans les objectifs du projet socialiste : « refonder et rénover la République », « les Français veulent pouvoir être consultés dans l’élaboration des politiques publiques ».

2°) Ce n’est pas d’aujourd’hui :

Le 19 novembre 2002, elle mentionnait déjà les jurys de citoyens (avec les budgets participatifs et le referendum local) dans son intervention à l’Assemblée nationale présentant l’exception d’irrecevabilité du groupe socialiste lors du débat en première lecture du projet de réforme constitutionnelle relatif à la décentralisation du gouvernement Raffarin (cf. extraits en Annexe I, p. 6).

Pour les élections régionales de 2004, ces 3 outils d’une démocratie plus participative figuraient dans la plaquette de campagne de sa liste. Conformément à l’engagement pris, le nouvel exécutif régional a mis en place en janvier 2005 dans tous les établissements publics du Poitou-Charentes le Budget Participatif des Lycées, doté d’une enveloppe annuelle de 10 millions d’€.

Les élus socialistes régionaux y sont activement impliqués et perçoivent les démarches de démocratie participative initiée par la Région non comme un amoindrissement de leur responsabilité mais comme un renfort dans l’exercice de leur mandat, un levier de réforme des pratiques de l’administration et d’amélioration de la qualité des politiques publiques.

A plusieurs reprises, Ségolène Royal a à nouveau mentionné les jurys de citoyens comme une piste intéressante, notamment dans différents colloques sur la démocratie participative (janvier 2005, juin 2005, avril 2006…).

Le site Désirs d’avenir participe de cette démarche qui fait appel à l’intelligence collective des citoyens, leur reconnaît une capacité d’expertise et de contribution à l’orientation et au suivi des politiques dont les élus ont la responsabilité.

- Constance d’une conviction et d’une démarche.

3°) La proposition des jurys de citoyens est le fruit de son expérience d’élue de terrain et de son intérêt de longue date pour ce qui marche, fût-ce au-delà de nos frontières : pas de modèle à copier mais une source d’inspiration pour inventer nos propres réponses. C’est pourquoi elle s’est intéressée depuis plusieurs années aux expériences de jurys de citoyens berlinoise et espagnole

4°) Les jurys de citoyens européens

Ce qu’ils ont en commun :

- ce sont, majoritairement, des initiatives municipales lancées par des élus de gauche et en particulier socialistes ;
- le tirage au sort (c’est le sens de l’appellation « jury » quel que soit le domaine dans lequel ils interviennen). Objectif : élargir le cercle au-delà des « professionnels de la participation » (militants, couches moyennes diplômées) et refléter la diversité sociale en incluant les catégories ordinairement exclues des dispositifs de participation fondés sur le volontariat (milieux populaires, précaires, immigrés, femmes, jeunes). Constat connu : l’auto-sélection biaise les processus participatifs de 1ère génération et affecte leur légitimité ; la sélection aléatoire permet de mélanger des bacs + 7 aux bacs – 7 : la République a tout à y gagner. Ce tirage au sort se fait sur listes de résidents ;
- taille : de 20 à 100 personnes en moyenne (mais jusqu’à 300 personnes dans une ville du Pays Basque), travail alternant petits groupes propices à la prise de parole et plénières ;
- des compensations financières sont souvent prévues (garde d’enfants ou de personnes âges à charge, transports) ;
- il ne s’agit pas de transformer les citoyens en experts (pas plus qu’on ne demande à un élu d’être X-Ponts ou architecte pour se prononcer sur une opération d’urbanisme) mais de faire appel à leur savoir d’usage ;
- condition de crédibilité et de participation : un vrai pouvoir de décision ou d’orientation. Les structures uniquement consultatives sans conséquences opérationnelles n’intéressent guère les citoyens ordinaires qui veulent être sûrs qu’ils ne perdent pas leur temps.

Ces jurys s’inscrivent, à l’échelle européenne, dans un mouvement plus large où se mêlent l’héritage des mouvements sociaux urbains des années 70, les théories anglo-saxonnes de l’empowerment (« enpouvoirisation ») des populations, diverses réflexions novatrices sur la citoyenneté active (dont les budgets participatifs) et les nouveaux managements de l’action publique (transversalité, transparence, réactivité, contrôle des usagers…).

Toutes les évaluations mettent en évidence la capacité des participants, tous milieux confondus, à comprendre les axes essentiels de la tâche qui leur est confiée par les élus, à condition qu’on leur apporte une information claire et de bonnes conditions de délibération. Leurs décisions se réfèrent toujours à des valeurs, à une certaine idée, préalablement débattue, du vivre ensemble et de l’intérêt général. Les contraintes techniques sont prises en compte mais c’est la recherche du bien public qui guide la réflexion collective, démentant cette idée fortement ancrée chez nous depuis Montesquieu et Sieyès que la passion et l’égoïsme individuel seraient le lot des représentés cependant que la raison et le sens du bien commun seraient le monopole de leurs représentants.

En France, de nombreuses collectivités locales ont mis en place des dispositifs analogues, y compris en recourant au tirage au sort : Paris, Dijon,  Strasbourg.


Les jurys berlinois et espagnols :

A Berlin, 17 jurys de citoyens ont été mis en place dans des quartiers ciblés par la politique fédérale de « régénération urbaine » (politique de la ville, en français). Composés pour moitié de citoyens tirés au sort et pour moitié de militants associatifs (= « forum hybride »), ils disposaient chacun d’une enveloppe de 500.000 € pour financer des projets locaux. Durée moyenne : une quinzaine de séances régulières pendant 6 à 12 mois.

En Espagne, les jurys de citoyens sont nés en Catalogne (SR en a parlé avec Marragall lors d’un voyage à Barcelone en 2005) et au Pays Basque. On les y appelle parfois « noyaux d’intervention participative » ou « conseils citoyens ». Une vingtaine d’expériences en 2005 + tendance à la hausse. Leur objet : émettre un avis motivé sur une question d’intérêt public : planification urbaine, projet d’aménagement ou d’équipement mais aussi intégration des immigrés ou conséquences urbaines de la croissance démographique. Ils établissent, sur le problèmes qui leur est soumis, un « rapport citoyen » qui est rendu public. Durée des travaux : 1,5 à 3,5 jours d’affilée.


5°) Expériences voisines quoique différentes

Conférences de citoyens, expérimentées en France en 1998 sur les OGM, en 2001-2002 sur le changement climatique, également sur les questions de santé. Objectif : émettre un avis motivé. Panels généralement constitués par des organismes spécialisés.

Conférences de consensus danoises, mêlant citoyens et experts, et débouchant sur un avis liant davantage les autorités publiques. Les premières conférences de citoyens ont été développées au Danemark par un équivalent de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques ; plusieurs dizaines de conférences ont été organisées sur des sujets variés : irradiation des aliments, informatisation du trafic routier, applications issues de la cartographie du génôme, traitement de l’infertilité…

Observatoires des Engagements : aboutissements d’une démarche ayant associé, à l’occasion d’une campagne électorale (Bobigny, Région Ile de France) ou à l’occasion de l’élaboration d’un Agenda 21 (Conseil général de l’Essonne), des citoyens à l’élaboration de propositions dont une partie a fait l’objet d’engagements formels des élus. Constitués soit à partir de citoyens ayant participé à la formulation de ces propositions, soit en mêlant simples citoyens et militants associatifs, soit par tirage au sort, ce sont des structures pérennes destinées à suivre, durant toute la mandature, le respect des engagements pris.





ANNEXE


19 novembre 2002

Pour la première fois, Ségolène Royal évoque publiquement
les jurys de citoyens

Intervention de Ségolène Royal à l’Assemblée nationale
présentant l’exception d’irrecevabilité du groupe socialiste
lors du débat en première lecture
du projet de réforme constitutionnelle du gouvernement Raffarin,
relatif à la décentralisation

(extraits)

« Il y a déséquilibre entre le pouvoir des élus – la démocratie représentative – et le pouvoir des citoyens – la démocratie participative (…). C’est d’une vision de la France qu’il s’agit et non d’un bricolage technocratique, précipité et désinvolte, auquel nous ne serions conviés que comme spectateurs et les Français avec nous. Nous voulons la République des citoyens. Vous avez parlé d’une « République des proximités ». Or ce texte n’impose-t-il pas une République des notables, où les féodalités se renforcent sans qu’aucun contre-pouvoir ne soit prévu par vous ? (…) Le groupe socialiste défendra la République des citoyens en proposant d’intégrer dans la Constitution le principe, de la démocratie participative et de développer la mise en place de contre-pouvoirs dans une démocratie adulte.

(…) En matière de démocratie participative, la réponse du gouvernement est bien modeste à l’aune de l’évolution au long cours qui a conduit au krach civique du 21 avril. Le referendum local proposé par le projet de révision constitutionnelle n’intervient qu ‘à l’initiative de la collectivité donc de sa majorité. La démocratie continue ainsi d’être octroyée et les droits de l’opposition rationnés. N’est prévue aucune possibilité d’organiser, à l’initiative, cette fois, des électeurs, un referendum de type abrogatif qui permettrait de délibérer à nouveau, sur le modèle de ce qui se passe dans d’autres pays européens : c’est ainsi qu’en Italie, les femmes ont obtenu le droit à l’information sur la contraception.

L’éventail des possibles est infiniment plus large, comme en témoignent de nombreuses expériences en Europe, aux Etats-Unis et dans les pays du Sud, au premier rang desquels le Brésil. Plus de 200 villes ont institué la possibilité d’élaborer avec les habitants un véritable budget participatif. Cette démarche, qui fait école sous toutes les latitudes, est autrement novatrice, astreignante certes mais bien plus mobilisatrice et fructueuse que les traditionnelles « séances d’information » qui constituent trop souvent en France l’horizon indépassable de la démocratie locale. Mais rechercher la raison fondamentale pour laquelle, quand elle est menée avec la rigueur méthodologique et l’exigence démocratique requises, la démarche du budget participatif se révèle attractive, c’est soulever la question qui fâche : l’argent. Car il ne s’agit pas par là d'octroyer trois francs six sous pour du petit fonctionnement ou de petits investissements, mais d'élaborer au fil des mois, conjointement avec les habitants, une part importante du budget local. Si les gens savent qu'ils vont disposer d'un vrai pouvoir d'orientation de la dépense publique, ils viennent voter.

Autre expérience intéressante : les jurys de citoyens tirés au sort. Ils fonctionnent à Berlin, depuis une quinzaine d'années, au Danemark, en Espagne, et viennent parfois s'ajouter à d'autres procédures. L'expérience a été tentée avec succès en France à propos des OGM et de sujets ayant trait à la santé et à la bioéthique.

Aucune de ces démarches ne vise à concurrencer le fonctionnement du système représentatif local, mais au contraire à l'améliorer, à conforter la démocratie représentative afin de rétablir et de maintenir le contact avec les citoyens, en contre-partie d'un nouveau partage du pouvoir qui permet d'optimiser l'allocation des ressources locales. Aucune n'offre de recette toute faite, mais toutes doivent pouvoir être explorées, aujourd'hui où les pannes que connaît notre démocratie obligent à un effort d'imagination.

Le monde bouge, les relations évoluent partout, au travail, dans la famille, dans les institutions, dans les entreprises ; partout les comportements se sont profondément transformés, mais notre démocratie, elle, accuse un retard culturel et structurel.
 Nous qui déplorons les taux d'abstention élevés et le zapping électoral, nous continuons souvent de faire comme si la démocratie locale s'identifiait exclusivement aux pouvoirs de nos collectivités, et comme si le suffrage dont nous sommes issus était la seule forme de légitimité. Nous devrions saisir hardiment l'occasion de la décentralisation pour reconnaître aux citoyens une compétence et un droit élargis à prendre part aux affaires publiques, dont beaucoup se désintéressent, faute d'imaginer pouvoir réellement peser. Une nouvelle avancée de la décentralisation ne réussira pleinement que si elle s'engage plus nettement dans la voie d'une diversification des registres d'expression démocratique et de participation à la gestion publique de tous les habitants, qu'ils soient français, européens ou étrangers non communautaires régulièrement installés chez nous. Il ne tient qu'à nous de faire en sorte que ce qu'on appelle « la crise de la représentation » se transforme en nouvel âge de la démocratie.

Pour toutes ces raisons, il nous paraît indispensable que l'article 5 s'ouvre sur une déclaration à caractère général, donnant toute sa solennité au principe d'une démocratie participative équilibrant les nouveaux pouvoirs donnés aux élus par de nouvelles possibilités d'action civique données aux citoyens, et ouvrant la voie à des pratiques déjà acquises et mises en oeuvre ailleurs ; sa rédaction pourrait être la suivante : « La loi fixe les conditions dans lesquelles les électeurs de chaque collectivité participent directement à l'élaboration des projets délibérés par leurs conseils ».

Par FB - Publié dans : Argumentaires
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